La République Populaire de Chine, régime communiste, pourrait donner l’image d’un enfer pour les croyants. Si, effectivement, la Révolution Culturelle a bousculé les organisations religieuses traditionnelles et étrangères, le gouvernement veille maintenant au respect du vivre ensemble et à la protection des  citoyens.

La Chine : quelles religions ?

Au cours des 5000 d’histoire de la civilisation chinoise, le pouvoir a toujours veillé à la conservation d’un équilibre entre les différentes croyances, n’accordant que rarement la prédominance à une en particulier. Les conceptions de « fils du ciel » et de « mandat de droit divin » qui caractérisaient le pouvoir impérial ne sont pas équivalentes au « roi de droit divin » européens. En effet, le peuple chinois, dans sa longue histoire, a été influencé par différentes croyances et courants philosophiques, qui permettent le syncrétisme : les croyants empruntent leurs pratiques à différentes traditions. Le bouddhisme, apporté d’Inde vers  150 ans avant JC, a été une des premières importations cultuelles. A la fin du 3e siècle sont constituées les « 3 écoles » qui forment encore aujourd’hui la « religion traditionnelle » : Bouddhisme, Taoisme, Confucianisme. Ce rajoutent à ce syncrétisme l’Islam et le Christianisme.

 

De l’apport culturel à l’ingérence étrangère

Les routes de la soie ont aussi, dès l’antiquité,  servis de points d’entrées pour les prédicateurs étrangers : minorités nestoriennes, zoroastriennes et chrétiennes dans la région du Xinjiang, qui était majoritairement bouddhiste jusqu’à la conquête musulmane. Vers l’an 650 une église est érigée à Chang’an, la capitale, suivie par une mosquée vers l’an 800. Dans le même temps des mosquées sont ouvertes sur le littoral, par les marchands. Une petite communauté chinoise juive existe encore à  Kaifeng. Une partie de la dynastie Yuan (mongole) était encore nestorienne, et a eu une politique de promotion des populations « non Han » dans l’administration, ce qui a encouragé la dissémination des religions « étrangères » en Chine.

A partir du 16e, puis surtout du 17e siècle, les prédicateurs catholiques commencent à entrer en Asie et à développer des congrégations chrétiennes. Ces derniers, souvent franciscains, se concentrent sur la conversion des élites, dans l’espoir que le peuple suive l’exemple. Ces intrusions sont un temps tolérées par le pouvoir Qing, avant d’être réprimées. En effet, la religion était alors utilisée par les pouvoirs coloniaux européens pour troubler l’ordre social en Chine. Les soulèvements populaires pour faire respecter la foi traditionnelle devenaient facilement un casus belli pour l’occupant européen. On peut par exemple voir le film « la canonnière du Yangtsé».

Une gestion gouvernementale du fait religieux

Le pouvoir chinois a toujours été soucieux de maintenir la pluralité des croyances, mais aussi la paix sociale. Certains épisodes de l’histoire chinoise sont dramatiques, par exemple la révolte des Taiping entre 1851 et 1864 qui mis à feu et à sang le sud est de la Chine, jusqu’à la prise de Nanjing. Cette révolte est menée par un illuminé se réclamant de Jésus.  Alors que le pouvoir Qing se délite, des seigneurs de guerre musulmans se construisent des royaumes dans l’ouest du pays : le Xinjiang réclame son indépendance, les provinces du Gansu, du Ningxia et du Qinghai sont contrôlées par la « clique de Ma », musulmane, qui chasse les tibétains.

Le nouveau pouvoir communiste conduit une politique sociale de libération des masses et de sortie de l’obscurantisme religieux. Le point culminant de cette politique sera la révolution culturelle. Depuis, les activités religieuses ont repris, mais les efforts des prêcheurs n’intéressent que peu le peuple chinois : plus des deux tiers de la population se déclare athée ou adepte de la « religion traditionnelle ». L’influence chrétienne est limitée, l’église ayant prêté allégeance au Parti Communiste plutôt qu’au Vatican. Les communautés musulmanes sont protégées de l’activisme obscurantiste des monarchies pétrolières. Le gouvernement investi dans les édifices religieux de qualité pour développer le tourisme : par exemple le monastère tibétain de Labrang est rénové pour obtenir un classement à l’Unesco et ainsi aider au développement économique des communautés locales.

 

En conclusion, la gestion du fait religieux en Chine a une longue histoire de contrôle par le pouvoir politique : plutôt que de laisser le peuple à la merci des prédicateurs et des gourous, l’accent est mis sur la protection de la structure sociale et la promotion de la paix. L’obscurantisme est combattu par l’éducation et l’exemple que donnent les membres du Parti Communiste. Dernièrement une cérémonie taoïste a été ordonnée pour la mise en production d’une centrale nucléaire : les responsables ont été invités à se livrer à une auto critique pour leur comportement anti-scientifique.

 

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