LA SAGA BITCOIN EN CHINE : DE L’EXPECTATIVE À L’ARRÊT DU SYSTÈME

 

Propagation et usage des cryptomonnaies

La saga du Bitcoin débuta en 2008, conséquence de la crise financière. Géré par un système informatique décentralisé, le Bitcoin permet de procéder à des transactions financières rapides et anonymes entre acteurs du secteurs, transactions qui sont retranscrites sur un registre public. Comme souvent souligné dans les médias un tant soit peu spécialisés ou s’intéressant à ce sujet, la valeur du Bitcoin est très volatile et a par exemple connu une envolée spectaculaire en 2017, passant de 800 $ à près de 20 000 $ pour chaque unité monétaire Bitcoin. Très vite, les médias associèrent les cryptomonnaies au marché noir et au dark web, au blanchiment d’argent et à l’évasion fiscale, etc.

Les chinois, comme bien souvent en matière d’innovation et de nouvelles technologies, ont dès le départ joué un rôle très important dans la structuration de l’environnement du Bitcoin. En effet, de nombreuses plateformes d’échanges de cryptomonnaies ont été fondées en Chine et dans le territoire de Hong Kong. Cet essor des cryptomonnaies au niveau national a permis à certaines start-ups d’utiliser ces nouvelles monnaies comme alternatives de financement ; c’est ce que l’on appelle le un ICO (Initial Coin Offering), une méthode de levée de fonds par émission d’actifs numériques.

 

La production de cryptomonnaie : le système des fermes de minage de Bitcoin

L’un des revers du Bitcoin est son impact environnemental lourd ; en effet, maintenir la croissance du Bitcoin et son gain de terrain se révèle très énergivore. Afin d’assurer la fiabilité des transactions et du registre public, des méthodes de cryptographie sont employées : un réseau mondial de serveurs qui travaillent simultanément à la résolution d’une équation mathématique. Plus le temps passe et plus l’équation devient difficile à résoudre ce qui nécessite toujours plus de moyens et ce qui explique qu’il y ait désormais des « fermes » dépassant la dizaine de milliers d’ordinateurs. Une mine définit un ordinateur dédié à résoudre ces équations. Une fois l’équation résolue, le « mineur » reçoit une récompense qui se trouve être une petite somme de Bitcoins.

La Chine ayant de très nombreuses « fermes », le pays fut un temps à l’origine d’environ 75% des Bitcoins. Il s’avère que les entrepreneurs recherchent avant tout des zones où l’électricité est bon marché et la température basse (une surchauffe des ordinateurs devant être évitée à tout prix). Dans certaines régions telles que la Mongolie intérieure ou le Qinghai, les instances politiques locales offrent des réductions sur les factures énergétiques afin d’attirer les investisseurs et développer les industries locales mais ces politiques ont surtout rameuté les fermes de minage de Bitcoin.

 

D’un accueil à bras ouverts jusqu’à une porte close

Initialement, le gouvernement chinois laissait l’expérimentation « Bitcoin » se dérouler et se développer en toute liberté ; son usage devint relativement courant dans la mesure où même certains magasins commencèrent à accepter les cryptomonnaies comme moyen de paiement, les plateformes d’échanges fleurirent aux quatre coins du pays et les start-ups eurent de plus en plus recours au ICO pour lever des fonds. Néanmoins, avec le temps, les cas d’abus et de détournement se multiplièrent : l’usage des cryptomonnaies comme moyen de paiement sur le marché noir devint légion, les cryptomonnaie furent de plus en plus utilisées à des fins d’évasion et de fraude fiscale et enfin, le gouvernement vit le trop gros investissement des particuliers et des entreprises dans un marché aussi volatil comme un risque pour l’économie. Le gouvernement commença par interdire le recours au ICO puisque certains projets de financements n’étaient en réalité que des façades pour cacher des opérations purement spéculatives. Pékin poursuivit sa traque des cryptomonnaies en mettant fin à la convertibilité du Bitcoin en RMB/yuan puis en bloquant les échanges de cryptomonnaies. Si Hong Kong fait ici figure d’exception, ces échanges ne concernent en fait que le dollar et non le yuan.

La menace du Bitcoin étant désormais atténuée pour les utilisateurs, les fermes de minage de Bitcoin sont le seul reliquat de la folle épopée du Bitcoin en Chine. Toutefois, le pays souhaitant poursuivre son développement et sa transition industrielle vers une économie plus verte, il n’y a plus d’intérêt pour la Chine à accueillir ces fermes sur son territoire puisqu’elles sont, rappelons-le, hautement énergivores. En conséquence, le gouvernement central demande aux échelons locaux de mettre progressivement un terme aux activités liées à la production de Bitcoin.

 

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